Chez
l'homme, la masse musculaire varis entre 45 et 50% de la masse totale.
Les muscles sont trois catégories à savoir les muscles
squelettiques striés qui représentent à eux seuls
40 à 45% de la masse totale, les muscles lisses et le muscle
cardiaque qui, ensembles, représentent 5% de la masse corporelle.
Le principe de l'activité musculaire est le même pour les
trois catégories de muscles. Il s'agit de transformer l'effet
d'une stimulation en une contraction c'est à dire, transformer
une énergie chimique en une énergie mécanique.
ETUDE
GRAPHIQUE DE LA CONTRACTION MUSCULAIRE:
La
contraction musculaire peut se manifester sous deux formes:
La contraction isotonique : quand la longueur
du muscle varie et la force développée reste constante.
Exemple :au cours d'une marche légère.
La contraction isométrique : quand
la longueur du muscle reste constante et la force développée
varie. Exemple : au cours de la résistance d'un muscle à
la flexion de l'organe dont il commande le mouvement.
En réalité,
au cours d'un mouvement, le muscle associe les deux types de contractions.
RELATION
ENTRE L'INTENSITE DE STIMULATION ET LA REPONSE DU MUSCLE:
La
variation de l'intensité du stimulus appliqué à
un muscle montre que ce dernier ne répond qu'à partir
d'une certaine valeur de l'intensité dite liminaire ou seuil
à partir de laquelle le muscle répond avec une contraction
d'abord d'amplitude faible qui augmente en suite de façon proportionnelle
à l'intensité de la stimulation jusqu'à une valeur
au delà de laquelle l'augmentation de l'intensité ne fait
plus varier l'amplitude qui reste maximale. Ainsi, on comprend que le
muscle ne répond pas à la loi de tout ou rien. Ceci revient
à ce que l'intensité liminaire ne fait exciter que quelques
fibres musculaires et plus l'intensité de stimulation augmente
plus le nombre de fibres excitées augmente jusqu'à ce
que toutes les fibres soient excitées d'où l'augmentation
de l'intensité n'aura plus d'effet sur l'amplitude de la contraction
qui reste maximale.
REMARQUE:
Une fibre musculaire isolée et maintenue
vivante dans un liquide physiologique présente une réponse
identique à celle de la fibre nerveuse. Donc, comme la fibre
nerveuse, la fibre musculaire répond à la loi de tout
ou rien.
Réponse
du muscle à une seule excitation : LA SECOUSSE MUSCULAIRE.
L'application
d'une seule excitation d'intensité efficace à un muscle
montre qu'il se contracte puis il se décontracte. On dit, alors,
qu'il répond par une secousse musculaire. L'enregistrement graphique
de cette secousse montre trois phases :
Un temps de latence : il correspond au
temps qui sépare le moment de l'application de la stimulation
du début de la contraction du muscle.
Une phase de contraction : elle se traduit
par le raccourcissement du muscle pour montrer qu'il est en activité.
Elle dure en moyenne 0.04 seconde pour le gastrocnemien de la grenouille.
Une phase de relâchement = de décontraction
: Elle correspond au rallongement du muscle et elle dure en moyenne
0.05 seconde pour le gastrocnemien de la grenouille.
La
durée totale d'une secousse musculaire pour le gastrocnemien
de la grenouille est en moyenne de 0.1s mais cette durée varie
selon les muscles pour la même espèce et selon les espèces
pour le même muscle.
Réponse
du muscle à deux excitations successives:
si
on applique deux stimulations efficaces de même intensité
tel que la deuxième stimulation arrive au muscle alors qu'il
a achevé sa secousse relative à la première stimulation,
on obtient deux secousses isolées et de même amplitude.
si
la deuxième stimulation atteint le muscle alors qu'il est en
phase de de relâchement de la secousse consécutive à
la première stimulation, le muscle répond par une secousse
d'amplitude plus importante. on dit, alors, qu'il y a une sommation
partielle et que la fusion des deux secousses est incomplète.
si
la deuxième stimulation atteint le muscle alors qu'il est en
phase de de contraction de la secousse consécutive à la
première stimulation, le muscle répond par une seule secousse
d'amplitude double de la normale comme si le muscle a reçu une
seule excitation d'intensité double. on dit, dans ce cas que
la sommation est totale et que la fusion des deux secousses est complète.
si
la deuxième stimulation atteint le muscle pendant le temps de
latence de la secousse relative à la première stimulation,
le muscle répond par une seule secousse d'amplitude normale comme
s'il a reçu une seule excitation.
Réponse
du muscle à une série d'excitations rapprochées:
Si
la fréquence des excitations laisse que la deuxième excitation
arrive au muscle pendant la phase de relâchement de la secousse
relative à l'excitation précédente, le myogramme
obtenu donne que les secousses, par fusion incomplet, augmentent d'amplitude
graduellement sous forme de marches d'escalier pour donner un plateau
ondulé quand toutes les fibres seront excitées. c'est
un tétanos imparfait.
Si
la fréquence des excitations laisse que la deuxième excitation
arrive au muscle pendant la phase de contraction de la secousse relative
à l'excitation précédente, la sommation étant
totale, le myogramme augmente d'amplitude de façon régulière
et présente un plateau régulier. c'est le tétanos
parfait.
REMARQUE
:
le rythme des excitations donnant un tétanos
parfait dépend de la durée d'une secousse élémentaire.
Exemple: pour le gastrocnemien, le tétanos parfait est obtenu
à 30 excitations/s chez la grenouille et à 40 excitations/s
chez l'Homme.
La
fatigue musculaire:
Après
une activité prolongé du muscle, le myogramme d'une secousse
élémentaire change tel que pour une même excitation
on observe un allongement du temps de latence et de la phase de relâchement
avec une diminution de l'amplitude de contraction. on dit, alors, que
le muscle est fatigué.
STRUCTURE
DU MUSCLE SQUELETTIQUE STRIE :
Le
muscle squelettique strié se présente souvent sous forme
d'un fuseau avec une partie centrale rougeâtre et charnue : le
corps du muscle qui se prolonge aux deux extrémités par
une partie effilée résistante et élastique formée
par le rassemblement du tissu conjonctif : les tendons qui fixent le
muscle aux deux os articulés. (cersentent comme des lames : le
diaphragme)
Une coupe transversale d'un muscle montre qu'il est formé d'un
grand nombre de petites structure arrondie:les fibres musculaires qui
se présentent groupées en paquets appelés faisceaux
musculaires. Chaque faisceau est limité par une membrane conjonctive
où chemine plusieurs vaisseaux sanguins et des terminaisons nerveuses.
Les fibres musculaires se terminent en pointe et les éléments
conjonctifs se groupent aux extrémités pour former les
tendons qui se fixent sur les os articulés.
Observation
au microscope optique:
Une
fibre musculaire, observée au microscope optique, apparaît
comme un filament cylindrique non ramifié. elle est entourée
d'une membrane plasmique appelée sarcolemme qui protège
un cytoplasme fondamental appelé sarcoplasme. Dans cette cellule,
on trouve plusieurs noyaux qui sont rejetés à la périphérie
par des structures particulières appelées les myofibrilles.
Les myofibrilles alternent avec du sarcoplasme ce qui donne à
la fibre une striation longitudinale. La taille d'une fibre musculaire
varis selon la taille du muscle. en moyenne, sa longueur chez l'homme,
est de 4 à 5 cm. Son diamètre varis entre 10 et 100µm
proportionnellement à la puissance du muscle. Cependant, les
fibres les plus fines commandent les mouvements les plus délicats.
Au
fort grossissement du microscope, chaque myofibrille montre une alternance
de zones claires et de zones sombres qui se correspondent d'une myofibrille
à l'autre, ce qui donne à la fibre sa striation transversale.
Les zones sombres sont appelées disques sombres ou disques A.
Ils sont traversés en leur milieu par une bande claire appelée
bande H dont l'épaisseur varis selon l'activité du muscle.
Les zones claires appelées disques clairs ou disques I sont coupées
en leur milieu par une ligne sombre appelée strie Z.
L'unité
de contraction du muscle, appelée sarcomère, est la portion
de la myofibrille comprise entre deux stries Z successives. Chez l'homme,
elle est de 2 à 3 µm de long.
Au
microscope électronique :
une
myofibrille montre qu'elle est formée de deux types de filaments
protéiques : les myofilaments de myosine qui sont épais
et qui occupent le disque A et les myofilaments d'actine qui sont plus
fins et qui se trouvent dans tous le sarcomère sauf au niveau
de la bande H. En plus de ces éléments caractéristiques,
une fibre musculaire contient des réticulums, des ribosomes,
du glycogène et tout ce qui caractérise la cellule animale.
La
jonction neuromusculaire = plaque motrice :
Il
s'agit d'une synapse neuromusculaire tel que l'élément
présynaptique est l'élément nerveux et l'élément
postsynaptique est l'élément musculaire. Cette synapse
se fait entre un bouton d'un neurone présynaptique et des fibres
musculaires. les deux éléments sont séparés
par un espace synaptique. un neurone moteur (motoneurone) peut commander,
chez l'homme, l'activité de 10 à 1500 fibres musculaires.
Au
niveau de la synapse, la membrane postsynaptique (le sarcolemme) présente
un grand nombre de replis formant l'appareil sous-neural qui augmente
considérablement la zone de contact entre les deux éléments
pré et post synaptique.
LES
PHENOMENES PHYSIOLOGIQUES DE LA CONTRACTION MUSCULAIRE :
LES
PHENOMENES ELECTRIQUES :
Si
on utilise un système d'enregistrement appliqué à
une fibre musculaire, on constate la présence d'un potentiel
de repos de - 80 mv, qui montre que le liquide extracellulaire est chargé
positivement et le liquide intracellulaire est chargé négativement.
L'application
d'une stimulation d'intensité efficace à un élément
présynaptique qui active une plaque motrice permet d'enregistrer
au niveau de l'élément postsynaptique (fibre musculaire)
la naissance d'une dépolarisation qui atteint le seuil et qui
se traduit par la naissance d'un potentiel d'action musculaire. Le principe
de la naissance de ce potentiel d'action est le même que celui
trouvé au niveau de la fibre nerveuse.
L'enregistrement
simultané de l'effet électrique et de l'effet mécanique
d'une stimulation efficace appliquée à un muscle laisse
constater que le potentiel d'action occupe l'espace du temps de latence
de la secousse musculaire.
LES
PHENOMENES THERMIQUES :
Toute
activité musculaire s'accompagne d'un dégagement de chaleur.
On peut mettre en évidence cette chaleur en reliant un système
d'enregistrement doté de deux électrodes spécifiques
placé sur les deux gastrocnemiens de la grenouille et un système
d'excitation placé sur un de ses nerfs sciatiques.
A
une excitation efficace appliquée sur le nerf, on enregistre
une secousse du muscle correspondant et simultanément, on enregistre
la chaleur dégagée. L'enregistrement montre que cette
chaleur est libérée en deux temps.
Une
chaleur initiale :
qui est émise au cours de l'activité du muscle et qui
présente une chaleur de contraction qui accompagne la phase de
contraction et une chaleur de relâchement qui accompagne la phase
de relâchement du muscle. Par des expériences complémentaires
(en plaçant le muscle en atmosphère d'azote, par exemple)
on a constaté que cette chaleur existe toujours même en
absence d'oxygène.
Une
chaleur retardée :
qui se dégage après le relâchement du muscle et
qui est d'amplitude plus faible et de durée plus longue, mais
qui ne s'observe qu'en présence d'oxygène.
Les
conditions d'apparition de ces chaleurs, permettent de penser à
un phénomène chimique qui se fait au niveau de la cellule
musculaire et qui nécessite les mêmes conditions : c'est
l'oxydation du glucose. En effet, cette oxydation se fait en deux temps
: la glycolyse, appelée également fermentation lactique
qui se fait dans le cytoplasme en absence d'oxygène. Elle est
rapide bien qu'elle libère peu d'énergie. Et le cycle
de Krebs ou cycle tricarboxylique qui se fait au niveau de la mitochondrie
en présence d'oxygène. C'est un phénomène
lent bien qu'il libère beaucoup d'énergie.
LES
PHENOMENES CHIMIQUES :
Le
stockage de l'énergie :
Si
on applique une stimulation efficace sur le muscle masticateur du
cheval et on fait un dosage du sang en glucose, on constate que le
sang rentrant (sang artériel) est plus riche en glucose que
le sang sortant (sang veineux). Ceci laisse dire que le muscle, au
cours de sa contraction, a utilisé le glucose comme source
d'énergie. La question qui se pose maintenant : est-ce que
le muscle utilise directement le glucose comme source d'énergie?
Pour répondre à cette question, on fait le dosage de
l'ATP au niveau du muscle au cours de sa contraction. Ainsi, on a
constaté qu'à la suite d'une secousse la quantité
d'ATP diminue au niveau du muscle et on a trouvé que sa disparition
se fait par hydrolyse selon cette réaction:
ATP
= adénosine triphosphate
ADP
= adénosine diphosphate
Pi
= phosphate inorganique (minérale)
E
= Energie
Plusieurs
expériences on montrées que cette réaction déclenche
la contraction musculaire tel qu'une partie de l'énergie libérée
sera perdue sous forme de chaleur initiale et que l'autre partie sera
utilisée pour contracter la fibre musculaire. Cependant, on a
constaté également que la quantité disponible d'ATP
n'est normalement suffisante que pour une dizaine de secousses musculaires
successives et que cette quantité ne diminue pas dans un muscle
en activité. Ainsi, on a compris que bien que l'ATP est la source
immédiate de l'énergie musculaire, il est immédiatement
reconstitué après son utilisation pour conserver le stock
énergétique du muscle. La reconstitution de l'ATP varie
selon le type de l'exercice musculaire.
Cas
d'un exercice bref :
Pour se contracter, le muscle hydrolyse l'ATP de réserve qui
doit être immédiatement reconstitué. Cette reconstitution
se fait à partir d'une autre substance de réserve :
la phosphocréatine ou créatine phosphate qui est une
réserve de secours déjà stockée dans le
muscle. Cela se fait selon la réaction suivante :
Comme
la phosphocréatine est une substance de réserve, elle
doit être à son tour, reconstituée à partir
de l'ATP métabolique selon cette réaction :
(l'ATP
utilisé dans ce cas est un ATP métabolique)
Cas
d'un exercice modéré et prolongé :
Le principe de déclenchement de l'activité musculaire
est toujours le même. Mai, comme l'exercice est modéré,
la circulation sanguine sera à vitesse satisfaisante pour couvrir
le besoin du muscle en oxygène et l'ATP métabolique
sera fournit par le cycle de Krebs et l'énergie libérée
par l'hydrolyse de l'ATP sera perdue en partie sous forme de chaleur
retardée.
Cas
d'un exercice musculaire intense :
Quand l'activité musculaire est intense, il arrive un moment
où la vitesse de la circulation sanguine devient incapable
de satisfaire le besoin du muscle en oxygène. le muscle va
fonctionner, alors, en anaérobie. Ainsi, il va utiliser la
glycolyse pour régénérer l'ATP utilisé.
En effet, la glycolyse est une voie rapide bien qu'elle fournit peu
d'énergie. Mais, en anaérobie, la glycolyse produit
l'acide lactique qui est un poison musculaire. A faible dose, l'acide
lactique sera transporté vers le foie où il sera convertie
en glycogène. Mais, plus sa quantité augmente, plus
il s'accumule dans le muscle pour empêcher la contraction musculaire
: C'est la fatigue musculaire.
L'arrêt
du mouvement laisse que l'acide lactique sera soit reconvertie en acide
pyruvique au niveau même du muscle pour qu'il soit repris par
le cycle de Krebs soit transporté vers le foie où il sera
convertie en glycogène.
Manifestation
mécanique de la contraction musculaire :
Le sarcomère traduit la contraction par le raccourcissement
de la bande H et des deux moitiés de disques I, ceci revient
à un glissement des myofilaments d'actine par rapport aux myofilaments
de myosine.
BILAN
DE LA CONTRACTION MUSCULAIRE :
Pour se contracter, une fibre musculaire doit recevoir un potentiel
d'action. En fait, l'arrivé d'un potentiel d'action au niveau
de l'élément nerveux de la plaque motrice, provoque
l'ouverture des canaux voltage dépendants calcium qui pénètrent
pour stimuler la perméabilité des vésicules synaptiques.
Ceci, provoque, par exocytose, la libération du médiateur
chimique dans la fente synaptique.
Le
médiateur chimique au niveau de la plaque motrice est toujours
le même : L'acétylcholine.
l'acétylcholine
se fixe, alors, sur son site récepteur porté par le sarcolemme
pour provoquer l'ouverture des canaux chimio-dépendants sodium,
d'où la naissance d'une dépolarisation qui atteint toujours
le seuil pour se traduire en un potentiel d'action musculaire.
Se
propageant sur le sarcolemme, la dépolarisation touche les réticulums
sarcoplasmiques qui sont des réservoirs à calcium et qui
deviennent, alors, perméables à cet ion pour le libérer
dans le sarcoplasme. Le calcium provoque, d'une part l'ouverture des
sites actine qui étaient au repos masqués pour les rendre
capables de recevoir les têtes myosine et stimule, d'autre part,
les têtes myosine pour les rendre capables d'hydrolyser l'ATP.
Une
partie de l'énergie libérée par l'hydrolyse de
l'ATP sera utilisée pour provoquer un mouvement de torsion des
têtes myosine pour leur permettre de se déplacer sur les
sites actine. Ainsi, il y aura le glissement des myofilaments actine
et myosine dont le résultat est le raccourcissement du sarcomère
d'où la contraction de la fibre musculaire et par conséquent
de la totalité du muscle.
La
repolarisation sera suivit d'un pompage actif du calcium par les réticulums
sarcoplasmiques, ce qui va se suivre par l'arrêt de la contraction
d'où le glissement des myofilaments qui reviennent à leur
position de départ d'où le relâchement du muscle.
La
repolarisation revient à la libération des sites récepteurs
de l'acétylcholine. En effet, ce médiateur sera rapidement
hydrolysé par une enzyme qui se trouve constamment dans la fente
synaptique et qui est l'acétylcholiestérase.
REMARQUE
:
Si l'ATP manque dans un muscle en contraction,
on constate que les myofilaments d'actine et de myosine ne peuvent pas
se détacher (Exemple : cas de crampe ou de la mort), ainsi, on
a compris que l'ATP est indispensable pour le relâchement du muscle.